Vous payez votre site, vous l'utilisez tous les jours, vous y envoyez vos clients. Vous pensez donc qu'il vous appartient. Dans bien des cas, c'est faux — ou du moins, incomplet.
Un site internet n'est pas un objet unique : c'est un assemblage de briques qui peuvent appartenir à des personnes différentes. Et l'on découvre presque toujours la situation au pire moment : celui où l'on veut changer quelque chose. Voici ce qu'il faut vérifier, et les questions à poser avant de signer.
Qu'est-ce qui vous appartient vraiment dans un site internet ?
Un site se décompose en cinq briques, et chacune peut être détenue séparément.
Le nom de domaine. C'est votre adresse, celle que vos clients tapent et qui porte vos e-mails. Elle est enregistrée au nom d'un titulaire, et ce titulaire devrait être vous ou votre société. Nous détaillons ce point dans notre article sur le nom de domaine et les e-mails professionnels.
L'hébergement. C'est l'espace où vivent les fichiers du site. Le contrat est souvent au nom de l'agence, pour des raisons pratiques. Ce n'est pas un problème en soi, tant que vous pouvez en obtenir l'accès ou demander une copie complète quand vous le souhaitez.
Le site lui-même : le design, la structure, le code, l'outil d'administration. C'est la brique la plus floue, et celle qui provoque les litiges. Un prestataire conserve par défaut des droits sur ce qu'il a créé : la cession doit être écrite.
Vos contenus : textes, photos, descriptions de produits, visuels. S'ils ont été rédigés ou produits pour vous, le contrat doit dire clairement qu'ils vous appartiennent et que vous pouvez les réutiliser ailleurs.
Les comptes connectés : votre fiche d'établissement Google, vos outils de statistiques, votre solution de paiement, votre liste d'e-mails. Ces comptes contiennent vos données clients. Ils doivent être créés avec une adresse à vous, et vous devez y figurer comme propriétaire, pas comme simple utilisateur.
Pourquoi cette question se pose-t-elle toujours trop tard ?
Tant que tout va bien, personne ne regarde. Le site fonctionne, les demandes arrivent, la question de la propriété paraît théorique.
Elle redevient très concrète dans quatre situations. Vous voulez changer de prestataire. Vous lancez une refonte et le nouveau partenaire demande les accès. Votre prestataire cesse son activité, part en vacances longue durée ou ne répond plus. Ou bien le ton monte, et la relation se termine mal.
Dans ces quatre cas, le rapport de force se joue sur un seul point : qui détient les accès. Pas qui a payé, pas qui a raison — qui détient les accès. Un désaccord se règle en quelques jours quand tout est à votre nom, et peut immobiliser une entreprise pendant des semaines dans le cas contraire.
La bonne nouvelle, c'est que la vérification prend une demi-heure et qu'elle se fait très bien pendant que la relation est au beau fixe.
Quels accès devez-vous vérifier cette semaine ?
Prenez votre boîte mail et votre contrat, et passez cette liste en revue.
- Qui reçoit les e-mails de renouvellement du nom de domaine ? Si ce n'est pas vous, le domaine n'est probablement pas à votre nom.
- Avez-vous un identifiant et un mot de passe pour l'hébergement ? Sinon, demandez-les, ou demandez au moins une sauvegarde complète du site.
- Pouvez-vous vous connecter à l'administration de votre site pour modifier un texte ou un prix ? Un accès en lecture seule n'est pas un accès.
- Êtes-vous propriétaire de votre fiche d'établissement Google ? C'est elle qui porte vos avis clients et votre présence locale.
- Vos statistiques et votre solution de paiement sont-elles à votre nom ? Ces comptes contiennent vos données clients et vos encaissements.
Une demande par e-mail suffit : « Pouvez-vous me confirmer que le nom de domaine est enregistré à mon nom et me transmettre les accès à l'hébergement ? » Un prestataire sérieux répond sans difficulté. Une réponse évasive est en elle-même une réponse.
Site en abonnement : que payez-vous réellement ?
Beaucoup d'offres proposent un site pour un montant mensuel, sans apport au départ. Le principe est légitime et peut convenir, mais il repose sur une logique de location : vous payez l'usage d'un site qui ne devient jamais le vôtre.
Trois points méritent d'être lus avant de signer. La durée d'engagement, et ce qui se passe à son terme. Les frais de sortie, s'il y en a. Et surtout, ce que vous emportez le jour où vous arrêtez : le nom de domaine, les textes, les photos, votre fichier clients — ou rien du tout.
Un site loué pendant trois ans coûte souvent plus cher qu'un site acheté une fois, et vous repartez les mains vides. À l'inverse, un site qui vous appartient reste un actif de l'entreprise : vous pouvez le faire évoluer, le confier à quelqu'un d'autre, ou le reconstruire sur ses fondations. C'est la logique que nous appliquons, et nous le précisons noir sur blanc dans le contrat.
Quelles questions poser avant de signer avec une agence ?
Cinq questions, à poser avant le devis, pas après la livraison.
- Le nom de domaine sera-t-il enregistré à mon nom ? La seule réponse acceptable est oui.
- Le contrat prévoit-il la cession du site et des contenus ? Design, textes et photos produits pour vous doivent vous être cédés explicitement.
- Quels accès me sont remis à la livraison ? Hébergement, administration du site, fiche Google, statistiques : demandez la liste.
- Que se passe-t-il si je veux partir ? La réponse doit tenir en une phrase simple, sans pénalité cachée.
- Puis-je modifier mes contenus moi-même ? Dépendre d'un tiers pour changer un horaire ou un prix coûte du temps à chaque fois.
Ces questions ne vexent personne. Elles montrent que vous regardez votre site comme un investissement, et un bon prestataire n'a aucune raison d'esquiver.
Comment reprendre la main sur un site qui ne vous appartient pas ?
Commencez toujours par demander, calmement et par écrit. Dans la majorité des cas, il n'y a aucune mauvaise intention : le domaine a été réservé par commodité le jour du lancement, et personne n'y a repensé depuis. Un transfert se règle alors en quelques jours.
Si la demande reste sans réponse, agissez par ordre de priorité. Le nom de domaine d'abord : c'est lui qui porte vos e-mails et votre adresse publique. Vos comptes Google et vos données clients ensuite. Les fichiers du site en dernier, car ils sont les plus simples à remplacer.
Et parfois, reconstruire coûte moins cher que négocier. Quand le site est de toute façon daté, lent ou invisible sur Google, la refonte règle deux problèmes d'un coup : vous repartez d'un site moderne, et vous en êtes propriétaire. Nous expliquons comment décider dans notre article sur le bon moment pour une refonte, et la refonte de site conserve votre référencement Google acquis, textes et redirections compris. Le tarif est établi sur devis selon votre projet, avec l'audit de l'existant inclus et un devis gratuit sous 24 h.
Vous pouvez parcourir des sites que nous avons livrés dans nos réalisations : tous appartiennent à leurs propriétaires, accès compris.
Ce qu'il faut retenir
Un site internet n'est pas une boîte fermée : c'est un nom de domaine, un hébergement, des fichiers, des contenus et des comptes. Vous pouvez être propriétaire des uns sans l'être des autres, et c'est le jour du changement que la différence se paie.
Faites le test cette semaine : cherchez dans votre boîte mail le dernier e-mail de renouvellement de votre nom de domaine. Si vous ne le trouvez pas, vous tenez déjà votre première question à poser.
En trois minutes, décrivez votre projet : nous vérifions avec vous ce qui vous appartient, et nous vous disons quoi réclamer.